Une gouvernance qui n’a rien à dire et rien à expliquer sur ses échecs, ni sur ses décisions pour l’avenir

  • 08/09/2026 : un message interne lénifiant du nouveau Président Manpower France, dont les attributions fusionnent la triple casquette de celles de Manpower France avec ManpowerGroup France et Manpower Europe du Nord : « C’est super, vous êtes formidables, mon prédécesseur part en ayant fait du bon boulot vers nos marché merci à lui, en ce qui me concerne je suis avec vous, à très bientôt. »

Note : quand notre nouveau Président parle des 16 dernières années de Présidence en terme de « renforcement de notre position sur le marché et a oeuvré au succès » :

    • soit il n’est pas en capacité de comprendre l’entreprise et son poste (ce serait dommage pour l’entreprise),
    • soit on lui a menti (c’est mal) et il va vite comprendre,
    • soit il considère que les salariés Manpower sont des simplets auxquels il n’a rien d’intéressant à dire (c’est mal aussi, mais la plus rassurante des options) : il aurait alors pu améliorer le bilan énergétique de l’entreprise en se dispensant de publier une vidéo sur l’intranet.

« Au terme de 16 années intenses et passionnantes au cœur de l’emploi, du travail, des compétences et de la formation en France, au Maroc ou en Tunisie, je quitte #ManpowerGroup
Mes pensées vont vers toutes les équipes, avec qui j’ai eu le plaisir de travailler et relever tant de défis.
Elles ont toutes en commun cette même vision positive du travail et ce sens des responsabilités, au service de nos clients ou de nos collaborateurs intérimaires.
Ce métier est essentiel mais il est exigeant.
Il nous invite à nous dépasser et donne un sens puissant à nos vies professionnelles.
Merci à toutes et tous pour ces années inoubliables.
À bientôt. »

En terme simple et direct (la gouvernance de l’entreprise peut en prendre de la graine) : notre compréhension est que ces communications semblent traduire un débarquement du Président par le groupe.

Pour la CAT, la gouvernance doit redescendre sur terre : cesser sa langue de bois, se prendre en main et s’assumer, ce qu’elle ne fait plus depuis de très longues années

Certes le marché va mal, mais le problème est ailleurs : depuis de longues années, l’entreprise décroche continument de ses marchés par rapport à la concurrence et la gouvernance ne change pas de braquet : elle ne sait que poursuivre ses travers de pilotage financier court terme. Jusqu’à présent, la seule réponse est d’amplifier cette erreur consciencieusement entretenue depuis de longues années : pas d’investissement terrain (commercial, formation, support...)

1. La gouvernance de Manpower France est trop financière, n’investit et ne s’investit plus elle-même opérationnellement (sauf pour « triquer » les salariés et les priver de primes variables, notamment ceux du réseau opérationnel).

Sur ce sujet, le collectif syndical CAT attendait de l’ancien Président, qui était passé par Supplay, le pragmatisme culturel de cette filiale : malheureusement, la technostructure groupe Manpower aura eu le dessus contre cette perspective, puisque la gouvernance est restée globalement purement financière selon nous, quand bien même avec beaucoup de brassage d’étiquettes pour dissimuler l’absence d’investissement opérationnel.

2. La gouvernance de Manpower France est socialement et organisationnellement trop éloignée de l’entreprise

Encore ces derniers mois, notre collectif syndical CAT avait mis en garde et critiqué les rattachements directs au niveau Europe de plusieurs directions de Manpower France : ce type d’organisation ne peut en effet que « carriérer » les directions, c’est à dire aspirer l’énergie des cadres supérieurs dans les vides stratosphériques du groupe, avec pour conséquence une amplification de l’abandon et de l’absence de maîtrise des réalités et des problématiques du terrain fonctionnel et opérationnel de l’entreprise. Une sorte de maladie organisationnelle, qui semble continuer de gangréner la hiérarchie de l’entreprise.

Ce multicasquétage à étages du Président désigné cette semaine et le vide communicationnel qui est servi à cette occasion aux salariés Manpower France, ne rend pas le syndicat CAT très optimiste. Nous continuerons, avec l’ensemble de la représentation du personnel Manpower, notre accompagnement des salariés et à dire ce que nous, ce que vous, avez à dire, sans laisser le bénéfice de la bonne foi à ceux qui assurent la conduite de l’entreprise.

En attendant, le syndicat CAT souhaite la bienvenue au nouveau Président Manpower France.


Voir aussi : notre précédent article sur le diagnostic et axes de gouvernance du collectif CAT Manpower pour l’entreprise.