Un accord est un contrat juridique entre la direction et les organisations syndicales, où le compromis entre l’intelligence sociale et les contraintes économiques doit aboutir à une efficacité institutionnelle et économique au bénéfice des différentes parties.
Les nouveaux accords enterrent la cellule handicap de la DRH et sabordent délibérément toute capacité d’analyse de l’action handicap Manpower
Contrairement aux précédents, les nouveaux accords handicap Manpower ne présentent plus aucun objectif, ni indicateur [1] ou engagement chiffré, ni calendrier. Contrairement aux illusions de certains signataires, la CAT Manpower refuse d’y voir le moindre signal positif pour les équipes Manpower en charge du sujet.
Bien au contraire, ces textes ne sont rien d’autre qu’un alibi soigneusement construit pour justifier l’inaction. Comme si le handicap était un sujet nouveau dans l’entreprise Manpower, ils osent renvoyer toute action concrète à un hypothétique « état des lieux », ni défini, ni cadré, et bien sûr sans le moindre calendrier. Un prétexte commode pour ne rien faire, ou plutôt pour ne plus rien faire.
À une époque où l’entreprise est capable de se croire moderne et intelligente à délocaliser au Maroc des pans entiers de fonctions commerciales, d’administration paie et contrats clients, pourtant vitales pour la qualité de service Manpower, qui peut sérieusement croire que cette même entreprise se sentirait obligée de maintenir une véritable politique handicap au sein de la DRH Siège ?
Pour la CAT, la vacuité du texte et ses faux-semblants déclaratifs, ne font que confirmer, par nature, l’enterrement de première classe de la mission handicap [2].
Dans le même temps, Adecco vient de signer un accord handicap truffé d’objectifs chiffrés (consultable ici : https://www.maitredata.com/app/accords-entreprise/adecco-france/362780). Pourquoi et comment une telle exigence serait-elle possible ailleurs et plus ici ? Comment Manpower peut-elle en arriver à une telle incapacité d’action ?
Tout au long de la négociation, la délégation CAT, n’a eu de cesse, avec politesse et fermeté, de pointer toutes ces incohérences et cette incompétence au service du sujet, proposant les idées d’indicateurs, d’objectifs et de calendrier. En vain : la CAT Manpower considère la mise en aveugle de l’action handicap comme une démarche délibérée de la part de l’employeur Manpower.
Par ses accords l’entreprise Manpower se constitue incapable d’action handicap réelle, mais elle se revendique pourtant a contrario professionnelle de santé
À travers ces accords, l’entreprise Manpower organise son incapacité à agir sur le handicap, tout en prétendant, contre toute évidence, jouer un rôle de “professionnel de santé”.
Au cabinet cynique de ses horreurs, l’entreprise Manpower, qui n’a su pourtant reclasser qu’un seul salarié intérimaire sur les centaines qu’elle licencie par tombereaux pour des inaptitudes dont elle porte souvent la responsabilité, entend en effet se prétendre a contrario professionnel de santé aguerri. Ainsi, alors même qu’elle ne salarie aucun médecin, elle écrit dans ses textes avec fatuité (et en dépit des demandes de suppression) : « L’entreprise apprécie la gravité des accidents à travers la gravité des séquelles physiques ou psychologiques (temporaires ou permanentes) subies par les salariés intérimaires, s’appuyant pour cela sur des critères tels que la durée d’hospitalisation, l’importance et la durée des soins, la probabilité d’un arrêt long. »
Pour la CAT Manpower, ces décalages ne sont pas des maladresses, mais bien une dérive, avec derrière les mots une réalité brutale. Celle d’un employeur Manpower qui se donne un rôle qu’il n’assume pas, et qui abandonne ses responsabilités.
Le syndicat CAT Manpower n’est pas caution signataire des textes handicap Manpower, qu’elle considère comme des impostures.
Voir aussi notre article précédent où le collectif CAT Manpower soutenait les précédents accords handicap.