Le syndicat CAT, paradoxalement, ne laissera jamais passer une occasion de permettre à la direction Manpower se se reprendre, que ce soit vis-à-vis des besoins des salariés que de celui de la conduite de l’entreprise.
Sur le terrain, des initiatives commerciales existent pour faire face aux difficultés de déplacement des salariés intérimaires et permanents
Si les compagnies aériennes vendent ou facturent des surcharges carburants pour continuer à fonctionner, la direction Manpower plutôt a choisi la passivité : interpellée sur la hausse (tant qu’il y en a) puis prochainement probablement la pénurie, celle-ci n’a rien à faire ni à anticiper. Erreur selon nous : erreur sociale, erreur commerciale, et donc erreur économique et financière.
Pourtant, quelques initiatives d’agences (nous en avons relevé pour exemple Adequat, Initial et même Manpower) sont visibles dans leurs publications d’annonces intérimaires (missions avec prime mensuelle carburant, prime mission carburant, cartes carburant...). Ces initiatives mériteraient d’être analysées sur leur efficacité commerciale et de mise en œuvre, afin de caler des conditions permettant d’atteindre une efficacité économique partagée (salarié/entreprise). Sans parler d’autres initiatives non financières qui pourraient viser l’organisation des déplacements.
Des expériences locales réussies et maîtrisées pourraient ainsi être étendues en politique d’entreprise (exemple mis en place : prime carburant 200 € en 2026 chez Adecco, vers leur public permanents et sous conditions).
Note : par respect diplomatique de nos interlocuteurs à la direction Manpower, nous ne publions pas ici le contenu de leur réponse, seulement notre proposition et l’analyse que nous leur avons rendue. Selon nous en effet, qu’il s’agisse des déplacements de trajet (pour se rendre au travail) ou professionnels (pendant le travail), une entreprise de travail temporaire qui se veut efficace doit un tant soit peu travailler sur des dispositifs calibrés et des adaptation de l’organisation du travail pour gagner en efficacité et préserver les salariés intérimaires et permanents.
Le 22/09/2026, le délégué syndical central CAT Manpower a saisi le DRH et le directeur des relations sociales sur la poursuite de la hausse et les prévisions de pénuries de carburants
Nous avons demandé à nos interlocuteurs de bien vouloir organiser une discussion avec les différentes organisation syndicales, afin de trouver des dispositifs, des solutions pratiques visant à soulager la charge des frais de déplacement des salariés Manpower dans l’exercice de leur travail :
- trajets travail,
- déplacements professionnels.
Nous leur avons indiqué que les initiatives de l’employeur seraient toutes bienvenues, mais que sinon les solutions mobilisables pourraient notamment être :
- aides au déplacement,
- usage de véhicules entreprise,
- aménagement de l’organisation du travail et/ou des postes (télétravail, gestion des déplacements...)
- ...
En effet :
1. le problème de la hausse du prix des carburants est devenue pérenne et les salariés se fatiguent,
2. de toute façon, il convient d’anticiper de très probables pénuries à venir : déplacements armés et dans les zones pétrolières, politiques d’isolement énergétique promue par l’UE coupant d’autres approvisionnements, capacité limitée des stocks stratégiques, etc.
Le 23/09/2026, après réponse de fin de non recevoir de la direction, le délégué syndical central CAT Manpower retournait à ses interlocuteurs une analyse
Si la réponse de la direction Manpower fut courtoise, circonstanciée et rapide, voici ce que dés le lendemain nous avons demandé à nos interlocuteurs de bien vouloir noter, en les remerciant de leur réponse qu’il faut quand même considérer sur le fond comme une fin totale de non recevoir :
- Que la CAT Manpower aurait souhaité que plutôt que l’employeur n’en reste simplement au barême URSSAF 2023 d’il y a 3 ans, l’entreprise prenne aussi en considération les dispositifs publics complémentaires justement mis en place par les pouvoirs publics à disposition des entreprises pour aider les salariés à faire face :
Notamment le plafond prime carburant rehaussé récemment (https://www.urssaf.fr/accueil/actualites/prime-carburant-2026.html, qui s’adresse justement à une grande partie des collègues du réseau opérationnel (L3261-3 du code du travail). Sachant qu’il n’y a aucune égalité à justifier s’agissant de critères légaux, également complétés le cas échéant par l’employeur (fixation d’un minimum de distance de trajet, de déplacements, de critères de revenus, etc) : pourquoi la direction Manpower ne serait-elle pas capables de travailler sur ces sujets ? Ils ne sont en effet normalement en rien étrangers à une DRH. Et ces critères à mettre en place, pourraient être bien moins inéquitables que les seuls critères hiérarchiques que l’entreprise applique actuellement parfaitement librement et sans aucune gêne.
- Que c’est bien justement ce réseau opérationnel qui est en pointe de la reconquête commerciale que la direction cite elle-même : Or, il appartient à l’employeur de donner aux salariés les moyens de travailler, qu’ils n’ont plus pour certains chez Manpower.
- Que parce que gouverner c’est prévoir, nous aurions souhaité que l’entreprise fasse le choix d’anticiper, au moins en réflexion, les probables problèmes d’approvisionnement à venir.